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Semailles annuelles à la Ferme de l’Aubier, en présence de Fernand Cuche

Le 9 octobre 2022, dès 10h, à la Ferme de l’Aubier, Les Murailles 5,2037 Montézillon.

Fernand Cuche y prononcera un discours. Bienvenue à toutes et tous

Plus de détails à venir sur le site de L’Aubier


OUI à Initiative contre l’élevage intensif (votations du 25 septembre 2022)

Préfiguration de notre alimentation face au dérèglement climatique.

Pour produire un maximum de viande en un minimum de temps sur une surface réduite, avec des aliments concentrés importés, nous avons fait fort, jusqu’à la tentation de l’hormone de croissance, fort heureusement interdite chez nous et dans l’UE. C’était le grand boum de la production carnée hors-sol. Dans les années 70, la porcherie Coop-Bell à Chavornay comptait 6000 places de porcs, pour Migros, idem à Chesalles-sur-Moudon. Les agriculteurs des alentours étaient invités à se servir du lisier pour leurs terres. Des éleveurs-entrepreneurs n’étaient pas en reste, ils ont construit de grandes porcheries industrielles. Le lisier coulait en abondance dans plusieurs régions du pays. Pour éviter une pollution généralisée des eaux, les autorités fédérales décident d’un plan d’action qui, entre autres, met à disposition plusieurs millions pour fermer les grandes porcheries. Coop et Migros se retrouveront parmi les heureux bénéficiaires de cette manne fédérale.

Dans cette saga de la production carnée intensive, cet épisode est le plus marquant. D’autres mesures devront être prises par la suite pour calmer les appétits insatiables de la production industrielle. À la préservation de biens vitaux comme la qualité de l’eau, la biodiversité et d’écosystèmes particulièrement fragiles, s’est ajoutée ces dernières années une dimension éthique sur la détention des animaux de rente. L’initiative soumise au peuple le 25 septembre prochain intègre cette dimension.

Coïncidences ou pas, elle préfigure les nouvelles priorités de l’alimentation pour l’humanité face au dérèglement climatique, dont les conséquences nous incitent, nous contraient à diminuer drastiquement notre consommation de viande. Il en va de notre sécurité alimentaire ; en consommant prioritairement des protéines d’origine végétale, en cultivant prioritairement des légumineuses, des pommes de terre, des légumes, des céréales, des haricots pour la consommation humaine plutôt que pour nourrir le bétail, le degré d’autosuffisance augmente. De plus, les plantes absorbent le CO2 et stockent le carbone dans le sol. Les légumineuses se chargent gratuitement de fixer l’azote, un engrais important pour les rendements, d’autant plus précieux que sa fabrication sous forme synthétique consomme du pétrole ou du gaz en grande quantité. Un engrais du commerce dont le prix le place aujourd’hui dans les produits de luxe… Pour les pâturages, les terrains en pente, vallonnés et les alpages, le bétail continuera de mettre en valeur ces surfaces non cultivables.

Il nous faut sans tarder transformer nos systèmes alimentaires pour transiter vers une agriculture plus diversifiée et durable, mettre le cap sur l’agroécologie. L’acceptation de l’initiative provoquerait un sérieux coup d’accélérateur pour lancer la grande réforme qui s’impose, face à laquelle les autorités fédérales tergiversent. Elle apporterait une légitimité populaire pour tous les acteurs concernés, de la recherche agronomique à la consommation réfléchie et responsable de biens alimentaires. Face aux événements climatiques extrêmes que nous vivons partout dans le monde depuis le début de l’année, acceptons cette initiative, même si elle ne n’englobe pas globalement à tous les autres moyens à mettre en œuvre pour cette transition. Cette tâche incombe à la Confédération et aux organisations agricoles pour accompagner la paysannerie vers des modes de production durables. Compte tenu du délai de transition pour sa mise en œuvre de 25 ans et la prise en considération des exigences actuelles de Bio suisse concernant la dignité des animaux de rentes, cette initiative ne peut être qualifiée d’extrême !

Fernand Cuche
Lignières, le 31 août 2022


Verts neuchâtelois : 50 ans. Faut-il s’en réjouir ?

Voilà une entrée en matière qui casse l’ambiance… Au début de mon engagement, j’ai souvent pensé que les Verts-tes étaient un mal nécessaire, que nous n’étions pas appelés à durer, parce que les dysfonctionnements que nous dénoncions seraient rapidement écartés par une majorité, tant leur progression rapide présentait de sérieuses menaces.

Nous n’étions pas les seuls, Pro Natura, Greenpeace, le WWF étaient à l’œuvre avant nous, tout comme des femmes et des hommes engagé-e-s dans des actions citoyennes. Je pense aux amis du Mont-Racine qui sont à l’origine de l’initiative populaire cantonale visant la protection des crêtes et des grèves du lac, acceptée par 83 % des votant-e-s avec le soutien affiché, militant du Conseil d’État.

Les feux avertisseurs d’un danger étaient à l’orange clignotant, ils ont passé à l’orange permanent, depuis quelques décennies déjà ils sont au rouge. Mes prévisions optimistes quant à l’engagement des Verts pour inverser le cours de dégradations irréversibles sont parties en fumée, ont été emportées par des laves torrentielles ou se sont évaporées dans les canicules.

D’un mal nécessaire, les Verts sont devenus une nécessité. Dans ce monde qui se lézarde, brûle, s’assèche, s’appauvrit, provoquant la douleur, la désespérance, de grands élans, des grands projets doivent éclore pour évoluer vers une société plus apaisée, équitable et solidaire, préservant impérativement et durablement les ressources naturelles.

Il serait faux de se culpabiliser parce que malgré nos engagements, nos propositions, nos avancées électorales, nous en sommes arrivés à un point de bascule. La tâche incombe plus que jamais à l’ensemble de la société.

À ma connaissance, l’homme est le mammifère qui a développé les moyens les plus efficaces, les plus puissants, performants et diversifiés pour détruire, polluer, appauvrir le milieu naturel qui lui apporte la vie. Imaginer que nous mettions toutes ces énergies et ces intelligences renouvelables au service d’objectifs communs qui nous relient et nous motivent à s’engager.

« Ça ne peut pas continuer ainsi « combien de fois l’ai-je entendu durant ces mois d’été caniculaires.

Les Verts sont de plus en plus crédibles, compétents et légitimés pour lancer les grandes manœuvres. La tâche est ardue, comment faire comprendre qu’il faudra se libérer de nos addictions à la consommation, vivre plus sobrement ; « je consomme, donc je suis…» Quels mots utilisés, quelles actions à lancer pour que nous comprenions que nous n’avons plus le choix !

Oui, en l’état il faudra vivre avec moins ; la planète a des limites, plus possible de l’ignorer. « plus je m’éloigne pour un dépaysement bien mérité, plus je me rapproche de la nature, j’ai dormi dans les arbres en pleine forêt tropicale… ». La tâche est ardue.

Cet autre monde, il faut le créer, l’aménager sans détruire ce qui reste de nature. Cette transition inévitable ne peut échapper à l’abandon d’un système économique qui épuise la planète, qui nous épuise.

L’abandon de ce modèle ouvre un espace pour la réflexion et la création où nous n’avons jamais mis les pieds. Il est temps de franchir le pas.

Fernand Cuche,
Lignières, le 3 septembre 2022


RTS UN, « Infrarouge » du 22 juin 2022 : Faut-il vraiment détester l’été ? avec Fernand Cuche

« Il fait chaud. Très chaud. Beaucoup trop chaud, alertent les scientifiques devant la multiplication des canicules, sécheresses, inondations et autres épisodes extrêmes. Alors peut-on encore aimer l’été en toute insouciance? Ou faut-il l’accueillir avec angoisse, comme un avant-goût de la catastrophe?

Face au réchauffement, la panique est-elle de mise, ou nos esprits sont-ils en surchauffe eux aussi? Climatique, sanitaire, politique, économique, migratoire, identitaire, sécuritaire: d’une crise à l’autre, avons-nous perdu notre sang froid? Si oui pourquoi? Et comment le retrouver?

Faut-il vraiment détester l’été? C’est le débat mercredi 22 juin #RTSInfrarouge

Présentation: Alexis Favre » (texte : RTS)

Télécharger l’émission complète

Page de l’émission entière du 22.06.22 sur le site RTS


Prochaine rencontre / invitation à tous

Le samedi 09.04 2022, à 16h30, à  » La Clef des Champs »,
Moulin de la Terre 6
, 2950 Courgenay JU

« Agriculture locale – comment et à quel prix ? »

Conférence en présence de Fernand Cuche et d’autres intervenants (cf flyer)

Télécharger le flyer au format PDF


RTS La première, le 07.03.2022 : Fernand Cuche invité à l’émission »Drôle d’époque »

Le lundi 07.03.22,  Fernand Cuche était l’invité de Simon Matthey-Doret et Pauline Vrolixs pour l’émission Drôle d’époque.

Lien sur l’émission avec Fernand Cuche sur le site de la RTS

Lien sur la page de l’émission sur le site de la RTS

Télécharger l’émission au format MP3


Le mercredi 09.03.22, 20h00, au Foyer de St-Blaise Grand-Rue 15, Saint-Blaise.

« Cultiver la résilience alimentaire de nos territoires »

Projection du documentaire «Manger c’est politique» (30 min.)
qui relate l’agroécoquartier des Vergers à Meyrin suivi d’une
table ronde en présence de Fernand Cuche et David Bichsel

Bienvenue à toutes et tous

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La Tène 12.02.22 : vidéo manifestation « non au pôle économique de la Tène »

Télécharger la vidéo


Revue de presse de l’action de la Tène en transition du 12-18.02.22

Bulletin des communes No 6 du 18.02.22 : « La Tène, pôle de développement : opposant-e-s prêt-e-s au combat »

Le Courrier 16.02.22 « La pression s’accentue sur La Tène »

RTN 12.02.22 :  « Non au pôle économique de La Tène »

ArcInfo 14.02.22 : La Tène : « La justice comme prochaine étape »


12.02.2022 : La Tène en transition : plantation d’un arbre, discours de Fernand Cuche

Insécurité alimentaire
Préservons les terres nourricières.

90 % de notre alimentation dépend des sols. Entre 2009 et 2018, les zones à bâtir se sont agrandies de 6 %. Cela équivaut au double du lac de Zürich ou à un accroissement de près de 8 terrains de football par jour. Pour la même période, neuf dixièmes de ces nouvelles zones aménagées occupent d’anciennes surfaces agricoles.

50 % de notre alimentation est importée. Au niveau mondial, chaque année l’érosion, la salinisation, la sécheresse, la désertification, l’imperméabilisation et la surexploitation des terres nourricières entraînent la perte irrémédiable de 5 à 7 millions d’hectares de terres cultivables, soit davantage que la superficie de la Suisse. Pour les milieux halieutiques, la surpêche, l’acidification et la pollution de l’eau, un même scénario se confirme. Le potentiel naturel de la planète où nous allons prélever notre alimentation est donc en diminution alarmante.

Le dérèglement climatique perturbe le niveau des récoltes par des extrêmes spectaculaires, et plus insidieusement le réchauffement nous contraint à abandonner nos certitudes agronomiques, à choisir d’autres variétés, d’autres climats, à diminuer les cheptels.

La mécanisation lourde, les performances quantitatives des semences ou des espèces animales de rentes apparaissent comme inadaptées aux mutations qui s’imposent, tout comme notre politique agricole qui n’a toujours pas engagé une réforme sur le fond.

Il est urgent de préserver ce qui reste de nos terres nourricières.

Il est urgent de développer de nouveaux modes de production sur l’ensemble des terres cultivables.

L’association de la Tène en transition anticipe, alerte. Ses membres pensent globalement et agissent localement, c’est légitime, indispensable. Partout dans le monde des femmes et des hommes marchent, s’engagent pour proposer des voies nouvelles afin de construire sans détruire ce qui nous reste d’indispensable à la vie.

Il est urgent de se libérer d’une monoculture économique, d’une course effrénée à la croissance qui épuise des femmes, des hommes et des enfants, qui épuise la planète. C’est déstabilisant de penser qu’il n’est plus possible d’être et de faire comme avant. Là où c’est encore possible, il nous faut renoncer à lancer les trax et à dresser des grues. C’est le cas pour le projet qui nous concerne.

De l’extension d’un pôle de développement économique, nous devons transiter vers un pôle de développement agricole qui intègre le respect de la vitalité naturelle des terres, un pôle de développement agricole qui favorise la biodiversité renonce aux intrants toxiques.

Un projet multidisciplinaire, global qui relie l’agronomie, la société et l’économie.

Renoncer à l’extension de ce pôle industriel constitue un acte politique fort qui offre un espoir à la jeunesse dans l’attente de décisions gouvernementales significatives d’une remise en question.

En 1966, le canton de Neuchâtel a fait œuvre de pionnier en se dotant d’une loi pour protéger son patrimoine naturel. En 1963. l’armée achète le grand domaine des Pradières pour en faire une place d’armes. L’émotion est vive dans le canton. Une initiative est lancée pour protéger les crêtes. Il y a afflux de signatures. Le Conseil d’État décide d’aller plus loin, il y ajoute les rives du lac. Ce texte passe en votation le 20 mars 1966, il est accepté par le 89 % des votants. C’est la première fois qu’un canton suisse se dote d’une loi semblable.

Le 4 février 1972, Franz Weber et quelques habitant-e-s de la région créent l’association Sauver Lavaux. L’objectif est de maintenir de manière absolue, entre Lutry et Vevey, tous les vignobles existants. Trois initiatives populaires suivront. Grâce à cet engagement citoyen, les vignobles du Lavaux sont protégés.

Pour le pôle agricole de la Tène, nous avons tout pour réussir :

  • des citoyennes et des citoyens engagés
  • des jeunes motivé-e-s pour cultiver et non exploiter la terre
  • 24 hectares de terres nourricières qui ne demandent qu’à produire dans la durabilité.
  • si nécessaire de l’eau à proximité.

Il ne manque que la décision politique courageuse, visionnaire.

Fernand Cuche
Lignières. Le 12 février 2022

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Voir aussi la revue de presse

ArcInfo
RTN


ArcInfo 20.01.2022 : Courrier des lecteurs « Pôle économique de Marin: et si Fernand Cuche avait raison ? »


Je vous invite à adhérer à  l’Association « La Tène en transition » ou à la  soutenir financièrement, même modestement. Je vous en remercie par avance.

Fernand Cuche
Lignières le 14 janvier 2022

La Tène en transition : 200 oppositions.

Des citoyennes et des citoyens de la commune ont constitué une association « La Tène en transition ». Un des buts de l’association est de sauvegarder des terres agricoles sur la commune. Pour atteindre cet objectif, 200 oppositions ont été déposées à la Chancellerie. Votre engagement pour soutenir cette cause vitale sera bienvenu.

Lien sur le blog de  l’association de « La Tène en transition »
Courriel :  lateneentransition@gmail.com

Adresse : Association La Tène en transition, rte de la Falaise 3, 2074 Marin

Pour des dons : IBAN : CH4200766000103801838, Association La Tène en Transition, rte de la Falaise 3, 2074 Marin


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12.02.2022 :La Tène en transition : plantation d’un arbre, discours de Fernand Cuche

Pôle économique de La Tène : terres agricoles

De la sécurité alimentaire inscrite dans la constitution à l’insécurité alimentaire dans nos assiettes

Produire dans la proximité des aliments de qualité à des prix rémunérateurs et développer des modes de production qui préservent l’environnement constituent la base d’une agriculture durable.

Faut-il encore disposer de suffisamment de terres nourricières fertiles pour assurer durablement le ravitaillement des populations. Rares sont les pays disposant d’une autosuffisance alimentaire complète. Le recours aux échanges commerciaux permet de combler les manques pour autant que le pouvoir d’achat le permette, que les biens alimentaires soient disponibles à des prix abordables.

Le marché mondial des denrées alimentaires est tendu. Depuis plusieurs années, une menace se confirme : le potentiel mondial de la production agricole s’amenuise, alors que la population augmente. Vous y ajoutez les effets néfastes du dérèglement climatique sur les rendements de l’agriculture, et nous voici confrontés à une insécurité alimentaire persistante.

Les opposant-e-s à l’extension de la zone constructible de la Tène, sur 23 hectares de très bonne terre agricole, pensent globalement et agissent localement. Cette prise de conscience citoyenne est pertinente ; elle indique que nous devons redéfinir les priorités quant à l’utilisation du territoire. Préserver les terres nourricières est devenu urgent, notamment pour les pays qui importent une quantité importante de leur alimentation, comme la Suisse, à hauteur de 50 %.

La marge de manœuvre est devenue très étroite pour aménager sans détruire ce qui reste de vital dans nos territoires. La destinée de ces 23 ha doit s’inscrire dans cette réflexion, globale, planétaire.

Dans les semaines à venir, nous développerons ce qui nous amène à penser autrement le territoire, l’alimentation, l’environnement et les pratiques agricoles. Les terres agricoles de la Tène sont favorablement situées pour transiter vers un pôle de développement agricole qui intègre durabilité, sécurité alimentaire et emplois.

Fernand Cuche
Lignières, le 6 janvier 2022


Pôle économique de la Tène (ArcInfo, 17.12.2021)

Le tacle du Ministre de l’environnement et du développement territorial.

Laurent Favre a raison : dans le cadre du premier projet d’agglomération de 2007, j’étais partant pour le développement de trois pôles de développement économique. Ce projet me paraissait opportun, rationnel pour l’aménagement du territoire.

Et je salue les nouvelles mesures prises par les autorités suite à l’acceptation par le peuple suisse d’une modification de la loi sur l’aménagement du territoire en 2017. Une loi fédérale plus restrictive qui contraint les cantons à réduire leurs zones constructibles.

Depuis 2007, le dérèglement climatique se confirme avec ses conséquences néfastes sur la production de denrées alimentaires.

Plus récemment, la pandémie a mis en évidence le rôle important de l’agriculture de proximité dans le ravitaillement de la population. Plus globalement, le potentiel de produire des denrées alimentaires est en diminution au niveau planétaire.

Depuis quelques années, ce constat m’amène à poser un autre regard sur les enjeux de l’agriculture et de l’alimentation. Il y a urgence ; de la sécurité alimentaire, nous passons progressivement à une insécurité alimentaire. Que des femmes et des hommes raisonnent différemment face à cette évolution, et s’engagent pour préserver ce qui reste de nos terres nourricières est primordial.

Fernand Cuche, militant écologiste.
Lignières, le 21.12.21


ArcInfo 17.12.2021: La Tène :

« Fernand Cuche s’en prend au pôle économique »

Télécharger l’article de ArcInfo au format PDF

Voir l’article sur le site de ArcInfo


La Tène (NE), 23 ha de terre cultivée de qualité à préserver

Insécurité alimentaire.

Préserver les terres agricoles : une urgence.

Le peuple suisse avait bien compris l’enjeu en acceptant en septembre 2017 l’arrêté fédéral sur la sécurité alimentaire par 78,7 % de oui. Tous les cantons l’ont accepté. L’arrêté stipule dans son premier alinéa que « en vue d’assurer l’approvisionnement de la population en denrées alimentaires, la Confédération crée des conditions pour la préservation des bases de la production agricole, notamment des terres agricoles ».

En priorité, ce sont les terres les plus fertiles du pays, désignées comme terre d’assolement par la Confédération, qui doivent être préservées. Elles se situent en plaine pour des raisons climatiques, la qualité des sols et un travail agricole facilité. Et c’est aussi dans ces terres que se sont implantées et tentent de s’implanter encore les industries, les surfaces commerciales, les parcs d’attractions, les pôles de développement économique cantonaux avec les accès routiers que nécessitent de telles infrastructures.

90 % de notre alimentation dépend des sols ; de sols vivants, riches en micro-organismes, en humus et en biodiversité. L’ensemble des terres agricoles du pays fournissent 50 à 55 % de notre consommation actuelle. Pour compléter, nous importons des denrées alimentaires pour les humains ou des fourrages pour nourrir le bétail (bovins, porcs, poulets, etc.).

L’intensification que nous connaissons requiert une mécanisation de plus en plus lourde, une utilisation d’engrais du commerce et des pesticides. Ce mode de production consomme une quantité non négligeable de pétrole. Au niveau mondial, la situation inquiète : le potentiel de production diminue en surface et en qualité pour une population en augmentation. Les conflits armés, les sécheresses ou les inondations nécessitent des programmes d’aides alimentaires d’envergure.

« l’horizon est infini, mais le sol sur lequel des aliments peuvent
 pousser est limité, et il y en a de moins en moins : chaque année,
 l’érosion, la salinisation, la sécheresse, la désertification et
 l’imperméabilisation entraînent la perte de cinq à sept millions
d’hectares de terres cultivables, soit davantage que la superficie
 de la Suisse.»

 Moneta, avril 2018,  Journal de la Banque alternative

Terres nourricières et agriculture de proximité font bon ménage.

La pandémie qui sévit depuis deux ans a révélé avec pertinence ce que nous observons depuis plusieurs années ; la fragilité d’un approvisionnement basé prioritairement sur un au coût de production le plus bas, quelle que soit la provenance. Les acteurs du marché et les transporteurs se chargent de ravitailler les uns et les autres.

Par beau temps, ça tourne plus ou moins bien, là où le pouvoir d’achat est suffisant. Par mauvais temps (pandémies, gel, sécheresses, inondations, manque de main-d’œuvre), les pénuries alimentaires et autres révèlent l’illusion de l’abondance, même dans les sociétés industrialisées, super équipées et riches.

Il est toujours tentant de se rassurer en évoquant une crise passagère, un concours de circonstances malheureux, des gouvernements incompétents. En réalité, c’est tout un système économique, commercial qui se fracture.

Il en est ainsi pour l’alimentation, nous ne pouvons plus parler d’une crise, ce qui présupposerait le retour à une situation antérieure confortable, sécurisante, nous devons parler d’insécurité alimentaire persistante par la disparition irrémédiable de terres agricoles.

Dans un tel contexte, concrétiser de nouveaux pôles de développement économique dans des terres agricoles de grandes valeurs suscitent aujourd’hui de vives inquiétudes et peuvent être considérées comme inadaptés à la nouvelle donne.

Dans la commune de la , à l’ouest du littoral neuchâtelois, les autorités cantonales décident de passer progressivement à la réalisation d’un pôle économique sur 23 hectares de terre d’assolement. L’élaboration de ce projet a commencé il y a une quinzaine d’années. Durant cette période, des préoccupations sociétales ont pris de l’ampleur comme la confirmation d’un dérèglement climatique qui fragilise la production de denrées alimentaires, et depuis deux ans la pandémie, qui au plus fort de sa propagation, remet en évidence le rôle vital d’une agriculture de proximité.

Ces deux phénomènes nous font prendre conscience que ce qui a été projeté avec de bonnes intentions il y a quelques années ne répond pas, dans certains cas, aux priorités d’aujourd’hui. La grande question, pour les autorités politiques et les milieux économiques, est d’intégrer cette nouvelle réalité. Il y a urgence.

Pour le pôle économique de la Tène, il est encore tout à fait possible de suspendre le projet et, en collaboration avec les agricultrices et les agriculteurs de la région, de transiter vers un pôle de développement agricole qui propose des modes de production durable.

23 hectares de bonnes terres nourricières, touchant l’agglomération du littoral neuchâtelois, constituent une chance pour développer à grande échelle une agriculture de proximité.

Fernand Cuche
Lignières, le 18 décembre 2021

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