ArcInfo 28.01.2023 : Fernand Cuche: « Le plan climat neuchâtelois est un signal fort vis-à-vis de la population »

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Alliance entre l’économie et l’Union suisse des paysans. Il était temps. Les campagnes retrouvent le sourire…

Dans la série : quelle audace !

Alliance entre l’économie et l’Union suisse des paysans.
Il était temps. Les campagnes retrouvent le sourire…

Le 6 janvier 2023, à l’occasion de l’épiphanie, jour où le Christ apparaît face aux Rois mages venus l’adorer, l’alliance est consolidée et officialisée, peut-être sacralisée un jour, sous le nom de : « Perspective suisse ».

Ce méga-pôle économique emploie plus de 4,5 millions de personnes dans plus de 600’000 entreprises. Le secteur agricole représente 48’500 entreprises pour environ 150’000 personnes actives. Pour les actions à venir, l’alliance mentionne les élections fédérales de décembre 2023 et la votation sur l’initiative populaire fédérale concernant la protection du paysage.

Quelle audace de se lier aux tenants de l’économie ! Le poids de la paysannerie représente moins de 1 % des entreprises et des emplois dans l’alliance.

L’Union suisse des paysans (USP) nous avait habitués à plus de méfiance face à des organisations tout aussi proches de l’agriculture, telles les associations de consommateurs ou de protections de la nature.

Ce partenariat se mijote depuis quelque temps déjà ; les propositions du Conseil fédéral pour la politique agricole à partir de 2022 (PA22+), marquées par des avancées progressistes pour le statut de la paysanne, les enjeux environnementaux et l’accès à la terre faisaient grimacer l’USP qui demandait une non-entrée en  matière.

Les milieux économiques ne voulaient pas de l’initiative « multinationales responsables ». Si l’USP propose aussi de la rejeter, les milieux économiques donneront le coup de main pour renvoyer PA22+.

La manœuvre a réussi. Rebelote pour les initiatives anti-pesticides, idem pour le traité commercial avec l’Indonésie concernant notamment l’importation d’huile de palme. Et dernière consultation en date, l’initiative contre l’élevage intensif est aussi refusée.

Pourquoi changer l’attelage lorsque l’alliance réussit si bien ?

Tentons de rester positifs et optimistes. La puissance de frappe de cette nouvelle l’entité consolidée permet d’espérer une adaptation automatique des salaires au coût de la vie, une revalorisation des revenus les plus bas.

Pour la paysannerie, espérons-le, la fixation durable de prix rémunérateurs à la production ainsi que des prix abordables pour les équipements et les intrants.

Nous aurons aussi une meilleure transparence au sujet des marges qui font encore l’objet d’une opacité tenace.

Pour les traités commerciaux, les nouvelles priorités valoriseront partout dans le monde une agriculture de proximité à dimension humaine, équitablement rémunérée et biodiversifiée.

Pour les échanges commerciaux où l’obsession de la compétitivité est la règle, elle sera remplacée par l’obligation de se référer à un statut digne pour les travailleurs-euses et la préservation impérative de l’environnement. L’augmentation des emplois dans les campagnes va jouer un rôle décisif pour réussir une transition vers des pratiques agricoles qui intègrent la fertilité naturelle des terres, des cultures diversifiées, notamment par la mise en valeur d’anciennes variétés qui présentent de bonnes caractéristiques face au dérèglement climatique.

Avec plus de main-d’œuvre et une mécanisation légère, l’agriculture sera progressivement décarbonée.

Par cette alliance, les zones industrielles, commerciales, de loisirs et terres agricoles sont réunies sous le même toit.

Espérons une percée de l’USP, si proche des familles paysannes, pour rappeler avec détermination que 90 % de notre alimentation dépend des sols. Ce qui nous reste de terres agricoles doit impérativement être destiné à produire des denrées alimentaires.

Les milieux économiques saisissent l’enjeu vital qui se joue et renoncent à construire dans des terres porteuses de vie. Ils font acte de courage et de sobriété en revitalisant les friches industrielles et bientôt, les futures friches commerciales surdimensionnées.

Espérons que « Perspective suisse » aille plus loin et se saisisse des conséquences du dérèglement climatique particulièrement marquant durant l’année 2022 avec la fonte des glaciers qui atteint une diminution record de 6 %, en moyenne, la raréfaction de l’eau qui impacte l’agriculture et la composition de la végétation indigène. Les experts craignent l’apparition d’effets boule de neige et des changements irréversibles, avec des phénomènes qui n’évoluent plus de façon linéaire.

Les Rois mages s’en sont retournés dans les villes, les campagnes et les banlieues, porteurs de ces bonnes nouvelles. Ce n’est qu’un début.

Pour nouer la gerbe, une deuxième étape est nécessaire ; l’USP rejoint l’organigramme d’Économie suisse, de l’USAM ou de l’Union patronale suisse, les chambres d’agriculture intègrent leur Chambre cantonale du commerce.

Cette synergie permettra d’optimaliser les frais de fonctionnement des uns et des autres. Pour le secteur agricole qui ne compte plus que 48’500 entreprises, son absorption est à portée de main, d’autant plus que la diminution des exploitations se poursuivra. Les cotisations devraient baisser pour celles qui restent.

Je doute :

Créer une alliance en vue d’une échéance électorale est dans la tradition. Déclarer à l’unisson l’objectif d’une économie prospère et d’une agriculture de pointe, robuste et moderne, c’est aussi dans la tradition.

Face au dérèglement climatique, les déclarations ronflantes ne sont que trop rarement suivies de décisions concrètes, à la hauteur des enjeux vitaux. L’urgence climatique nous contraint à une réflexion profonde avec l’exigence de créer de nouveaux outils pour limiter la casse, ne pas détruire ce qui reste de vivant sur la planète. La politique agricole doit être revue de fond en comble pour ne pas utiliser le terme de révolution qui fait peur, nous paralyse dans un premier temps.

Le bilan d’une agriculture de pointe, robuste et moderne, telle que nous la développons depuis le lendemain de la dernière guerre mondiale est mauvais pour la planète ; pour produire une calorie alimentaire, nous consommons aujourd’hui 7 à 10 calories fossiles.

Impossible de continuer ainsi. Le rapport entre la surface cultivée et le nombre de personnes actives dans l’agriculture est de plus en plus déséquilibré.

Sommes-nous prêts, par exemple, à modifier le droit foncier rural pour permettre à celles et ceux qui souhaitent travailler dans l’agriculture d’accéder à la terre, d’innover avec de nouvelles pratiques culturales ? Nous avons besoin de ces pensées innovantes pour le changement devenu inéluctable.

C’est déstabilisant de penser que ce ne sera plus comme aujourd’hui.

C’est enrageant ou humiliant de reconnaître que les vers de terre et tous les micro-organismes jouent les premiers rôles dans l’acte de produire des denrées alimentaires, et non les puissants tracteurs qui pourtant me fascinent encore un peu…

La préservation des biens vitaux est impérative et doit constituer la référence dans tous les secteurs d’activités. La nouvelle alliance « Perspective suisse » doit intégrer ces valeurs de vie dans une nouvelle orientation de l’économie qui constitue le noyau dur de la résistance au changement.

Élaborer une stratégie pour les prochaines élections fédérales ou pour faire barrage aux initiatives qui appellent à prendre des mesures pour limiter la casse écologique qui se renforce me paraît vain et d’un autre temps.

Fernand Cuche.
Lignières, le 20 janvier 2023

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Le Matin Dimanche 11.12.22 : Élisabeth Baume-Schneider, Conseillère fédérale, cite Fernand Cuche

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ArcInfo 29.11.2022 : « La Tène: qui sont les opposants au pôle de développement économique? » avec Fernand Cuche

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Heidi.news – OPINION – R. Domjan : « C’est rentable de construire une maison bonne pour le climat, je le sais, je l’ai fait »

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Semailles annuelles à la Ferme de l’Aubier, en présence de Fernand Cuche, le 9 octobre 2022

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Le discours de Fernand Cuche :

 » Semailles d’automne.

Semer la zizanie, la pagaille, semer ses concurrents, semer le doute comme les climatosceptiques… En plus crédible, celles et ceux qui doutent que le modèle économique qui s’impose progressivement sur l’ensemble de la planète soit le bon pour durer.

Une économie néo-libérale qui épuise des enfants, des femmes, des hommes et les ressources vitales.

Douter de prouesses techniques dispendieuses, inconcevables par les temps qui courent comme la coupe du monde de foot au Qatar ou de futurs jeux olympiques d’hiver en plein désert d’Arabie saoudite où il ne neige pas… l’occasion aussi de construire une ville du futur enneigée toute l’année de quoi faire pâlir Zermatt, Crans Montana, Andermatt ou Verbier.

Les feux avertisseurs de danger étaient à l’orange clignotant, ils ont passé à l’orange permanent.

Depuis quelques décennies déjà, ils ont au rouge. D’ici qu’ils reviennent au vert, il va falloir s’accrocher…

Impressionnant comme le dérèglement climatique jette une lumière crue sur nos mal-développements, nos excès, nos capacités performantes à détruire ce qui permet la vie.

Surprenant comme le mot sobriété, si cher à Pierre Rabi, prend place dans le discours politique, semant le doute quant à la croissance, le toujours plus, le toujours plus loin.

« Je consomme donc je suis. »

« Plus je m’éloigne pour mes vacances, plus je me rapproche de la nature, j’ai dormi dans les arbres en Amazonie… »

Dans ce monde qui s’appauvrit, se lézarde, brûle, s’assèche ou subit l’inondation de grande envergure comme au Pakistan, le doute n’est plus permis.

La transition fondamentale vers une société plus apaisée, équitable, solidaire s’impose, préservant impérativement et durablement les ressources naturelles. Il va falloir s’accrocher, enfin pour celles et ceux qui ont déjà fait le choix d’une autre vie, ils, elles ne peuvent qu’être confirmé-e-s dans leur nouvelle orientation.

Il serait faux de se culpabiliser parce que malgré nos propositions, nos engagements, nous en sommes arrivés à un point de bascule. La tâche incombe plus que jamais à l’ensemble de la société.

Cette transition inévitable s’impose. Elle ne peut échapper à l’abandon du système économique constituant son noyau dur. L’abandon progressif de ce modèle destructeur ouvre enfin pour toutes et tous un espace de réflexion et de création libéré de la croissance économique, un espace où nous n’avons jamais mis les pieds. Il est grand temps de franchir ce pas décisif pour l’avenir de l’humanité.

C’est le temps des semailles d’automne. Nous pouvons y aller d’un bon pas sans le moindre doute. C’est le temps aussi de rappeler que 90 % de notre alimentation dépend des sols, dépend aussi d’une rémunération équitable pour celles et ceux qui cultivent les terres, élèvent du bétail, prennent soin de la fertilité naturelle des espaces ruraux.

C’est le temps aussi de semer les graines d’une nouvelle solidarité qui assure pour toutes et tous l’accès à une alimentation saine, suffisante, diversifiée, l’accès à l’eau potable, aux semences.

C’est le temps de réensemencer les graines porteuses des libertés fondamentales, le droit à la parole, le droit de manifester, de revendiquer. Je pense en particulier aux manifestations en Iran.

L’automne, après les semailles c’est le temps de la somnolence, puis du repos pour ce qui est vital, les terres nourricières.  »

Fernand Cuche
Montézillon, le 9 octobre 2022

Le site de L’Aubier

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Heidi.news – OPINION – «Il nous faut sans tarder transformer nos systèmes alimentaires»

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RTN 03.09.2022 : « Les écologistes neuchâtelois pionniers en Suisse » avec Fernand Cuche

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Ecouter l’interview de Fernand Cuche en cliquant sur la flèche du lecteur ci-dessous :

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Verts neuchâtelois : 50 ans. Faut-il s’en réjouir ?

Voilà une entrée en matière qui casse l’ambiance… Au début de mon engagement, j’ai souvent pensé que les Verts-tes étaient un mal nécessaire, que nous n’étions pas appelés à durer, parce que les dysfonctionnements que nous dénoncions seraient rapidement écartés par une majorité, tant leur progression rapide présentait de sérieuses menaces.

Nous n’étions pas les seuls, Pro Natura, Greenpeace, le WWF étaient à l’œuvre avant nous, tout comme des femmes et des hommes engagé-e-s dans des actions citoyennes. Je pense aux amis du Mont-Racine qui sont à l’origine de l’initiative populaire cantonale visant la protection des crêtes et des grèves du lac, acceptée par 83 % des votant-e-s avec le soutien affiché, militant du Conseil d’État.

Les feux avertisseurs d’un danger étaient à l’orange clignotant, ils ont passé à l’orange permanent, depuis quelques décennies déjà ils sont au rouge. Mes prévisions optimistes quant à l’engagement des Verts pour inverser le cours de dégradations irréversibles sont parties en fumée, ont été emportées par des laves torrentielles ou se sont évaporées dans les canicules.

D’un mal nécessaire, les Verts sont devenus une nécessité. Dans ce monde qui se lézarde, brûle, s’assèche, s’appauvrit, provoquant la douleur, la désespérance, de grands élans, des grands projets doivent éclore pour évoluer vers une société plus apaisée, équitable et solidaire, préservant impérativement et durablement les ressources naturelles.

Il serait faux de se culpabiliser parce que malgré nos engagements, nos propositions, nos avancées électorales, nous en sommes arrivés à un point de bascule. La tâche incombe plus que jamais à l’ensemble de la société.

À ma connaissance, l’homme est le mammifère qui a développé les moyens les plus efficaces, les plus puissants, performants et diversifiés pour détruire, polluer, appauvrir le milieu naturel qui lui apporte la vie. Imaginer que nous mettions toutes ces énergies et ces intelligences renouvelables au service d’objectifs communs qui nous relient et nous motivent à s’engager.

« Ça ne peut pas continuer ainsi « combien de fois l’ai-je entendu durant ces mois d’été caniculaires.

Les Verts sont de plus en plus crédibles, compétents et légitimés pour lancer les grandes manœuvres. La tâche est ardue, comment faire comprendre qu’il faudra se libérer de nos addictions à la consommation, vivre plus sobrement ; « je consomme, donc je suis…» Quels mots utilisés, quelles actions à lancer pour que nous comprenions que nous n’avons plus le choix !

Oui, en l’état il faudra vivre avec moins ; la planète a des limites, plus possible de l’ignorer. « plus je m’éloigne pour un dépaysement bien mérité, plus je me rapproche de la nature, j’ai dormi dans les arbres en  pleine forêt tropicale… ». La tâche est ardue.

Cet autre monde, il faut le créer, l’aménager sans détruire ce qui reste de nature. Cette transition inévitable ne peut échapper à l’abandon d’un système économique qui épuise la planète, qui nous épuise.

L’abandon de ce modèle ouvre un espace pour la réflexion et la création où nous n’avons jamais mis les pieds. Il est temps de franchir le pas.

Fernand Cuche,
Lignières, le 3 septembre 2022

 

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