Tous les articles par ddf01

RTS UN « Passe-moi les jumelles » du 26 avril 2019 : « Fernand Cuche, le presque sage »

Paysan militant, sa couleur préférée est le vert. Fidèle à ses idéaux, il milite depuis des années pour une agriculture propre, responsable et durable. Fernand Cuche, icône d’une génération, s’est engagé sa vie durant. Secrétaire général d’Uniterre, puis conseiller national, enfin conseiller d’Etat neuchâtelois, il n’a jamais quitté ses terres de Lignières (NE) et n’a jamais dévié de ses convictions. Il est aujourd’hui plus en retrait, mais pas retiré et continue le combat pour une agriculture durable, responsable, pour le climat (source : RTS).

Visionner sur le site de la RTS

Canal Alpha. L’invité plateau : Fernand Cuche

« En ce début 2019, les études scientifiques se suivent et se ressemblent, parallèlement aux manifestations pour le climat: des résidus de pesticides sont mesurés sur les moineaux, dans le miel, dans les forêts, les rivières, et même les champs exploités en bio! Fernand Cuche, ancien conseiller national Verts et conseiller d’Etat neuchâtelois, sort de sa retraite pour dire son inquiétude, et l’impossibilité, selon lui, de faire coexister productions conventionnelle et respectueuse de l’environnement. La votation « Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse » est déjà dans l’air. » (texte: Canal Alpha)

Visionner la vidéo sur le site de Canal Alpha

Télécharger la vidéo au format MP4

Politique agricole écologique. Des résultats décevants, inquiétants

Avec l’introduction des paiements directs écologiques au début des années 90 et leurs multiples adaptations au cours de ces dernières décennies, nous pensions avoir atteint les objectifs d’une agriculture respectueuse de l’environnement.

Deux récentes études révèlent la persistance de nombreux pesticides dans les ruisseaux, et tout aussi grave, une présence bien enracinée de ces mêmes substances nocives sur l’ensemble des terres nourricières, y compris celles cultivées selon les exigences de l’agriculture biologique. Elles ont aussi trouvé refuge dans les surfaces de compensation écologiques, des surfaces destinées à favoriser le développement de la faune auxiliaire utile, comme les pollinisateurs…

Ces résultats me font penser à cette polémique suscitée par le Conseil fédéral lorsqu’il s’aventurait sur la possibilité de faire coexister sur le territoire national une agriculture avec ou sans organismes génétiquement modifiés (OGM). Le tollé fut tel, qu’il a renoncé à poursuivre l’évaluation d’une telle absurdité agronomique.

Ces deux récentes études sur la présence tenace des pesticides qui se disséminent par le vent, l’eau de ruissellement, et qui vont jusqu’à contaminer les zones refuge pour la faune auxiliaire utile, mettent en évidence, une fois de plus, l’incompatibilité de faire coexister deux modes de production.

En parallèle, nous assistons au plan national à la diminution de 60 % des oiseaux insectivores du paysage rural entre 1990 et 2016, provoquée par l’intensification croissante de l’agriculture qui détruit des habitats importants pour les oiseaux et les micro-organismes, et par les pesticides épandus qui tuent une bonne partie des insectes. Et cerise sur le gâteau, le Conseil mondial de la biodiversité observe dans son rapport publié en 2018 le déclin de la biodiversité dans toute l’Europe et dans le monde. La Suisse n’échappe pas à ce constat.

À défaut de pouvoir arrêter le vent et empêcher les eaux de ruissellement pour éviter les contaminations par les pesticides la voie à suivre est toute tracée ; c’est l’abandon programmé des pesticides de synthèse.

Il serait regrettable que le Conseil fédéral s’aventure une nouvelle fois dans une étude foireuse comme il l’a fait pour les OGM. S’il persiste dans un bricolage cosmétique, c’est la crédibilité de son autorité et celle des Chambres fédérales qui est en jeu.

Si vous additionnez les milliards investis en paiements directs écologiques depuis le début des années 90 pour un résultat fort décevant, les citoyennes et les citoyens monteront une nouvelle fois au front avec une 11ème initiative fédérale.Il est devenu urgent et impératif d’intégrer l’écologie à l’acte de production de toutes les denrées alimentaires, sur l’ensemble des terres nourricières.

Fernand Cuche et André Frutschi
Le 12 avril 2019

RTS la 1ère, émission « Forum » du 28 janvier 2019, « Stop-mitage »: le grand débat en direct de Bulle : Débat en présence de Fernand Cuche

Débat entre Ilias Panchard, Jeunes Verts et membre du comité d’initiative, Johanna Gapany, PLR membre de l’exécutif de la ville de Bulle, Pierre Dessemontet, géographe, municipal à Yverdon, et Fernand Cuche, agriculteur et ancien conseiller d’Etat (Verts/NE).

Écouter l’extrait de Forum  consacré au débat en cliquant sur la flèche du lecteur ci-dessous :

Télécharger le débat au format MP3

Se rendre sur la page de l’émission pour écouter ou télécharger le débat

Votations fédérales du 10 février 2019 Oui à l’initiative « Stop-Mitage »

Les terres agricoles constituent le fondement de notre alimentation

Vous pouvez disposer d’un troupeau laitier hyper productif, de machines agricoles redoutablement efficaces, de semences sélectionnées pour produire l’abondance, tous ces éléments ne servent à rien si vous ne disposez pas de terres agricoles. Pour la population mondiale l’alimentation dépend à plus de 90 % des terres cultivées.

Faut-il encore que les sols soient cultivés avec l’exigence de la durabilité. De récentes études révèlent que leur état de santé n’est pas brillant ; érosion, tassement, acidification, utilisation trop intensive ont entraîné une perte de leur vitalité. Cette dégradation est constatée sur l’ensemble des terres cultivées de la planète avec des conséquences alarmantes sur la sécurité de l’approvisionnement et l’appauvrissement de la biodiversité, carte maîtresse pour assurer notre alimentation. La prise de conscience est tardive, mais salutaire. Régulièrement de nouvelles mesures sont prises, chez nous, pour préserver qualitativement ce bien public L’effort devra se poursuivre, nous n’avons plus le choix.

L’initiative des Jeunes verts pour stopper le mitage du territoire a le grand mérite de remettre au premier plan la nécessité de préserver les terres agricoles, le fondement de notre alimentation. Elle exprime aussi la nécessité d’agir par des mesures coercitives précises pour éviter un point de non-retour en matière d’aménagement du territoire, mesures coercitives que nous appliquons déjà pour la transition énergétique, et que nous devrons aussi appliquer sans tarder pour la mobilité. Face au projet du Conseil fédéral d’élargir à 6 pistes les autoroutes les plus chargées, situées évidemment sur les terres les plus fertiles du plateau suisse, l’initiative est là pour rappeler avec pertinence la nécessité d’établir d’autres priorités.

Depuis plus de 140 ans notre pays dispose d’une loi forestière rigoureuse. Elle a été initiée à la fin du 19ème siècle suite à des coupes de bois incontrôlées et massives en Suisse centrale. Des pluies intenses ont provoqué des glissements de terrain faisant plusieurs victimes. Aujourd’hui nous sommes toujours fiers de nos forêts jardinées grâce aux mesures prises il y a plus d’un siècle… Pourquoi tardons-nous autant à protéger nos terres nourricières ?

J’invite les électrices et les électeurs à voter oui à l’initiative, tout particulièrement la paysannerie concernée au premier plan ; la terre constitue le fondement de son activité.

Fernand Cuche
Les Prés, 2553 Lignières, le 18 janvier 2019

« Les grands salons bovins sous le feu des critiques » : Débat en présence de Fernand Cuche

RTS la 1ère, émission « Forum » du 9 janvier 2019,

SwissExpo, qui ouvre ses portes mercredi à Lausanne, est l’un des plus grands concours bovins d’Europe, mais ne fait pas l’unanimité. Débat entre Pierre-André Page, conseiller national (UDC/FR), ancien éleveur bovin, et Fernand Cuche, ancien conseiller d’État (Verts/NE), agriculteur

Écouter l’extrait de Forum consacré au débat en cliquant sur la flèche du lecteur ci-dessous :

Télécharger le débat au format MP3

Se rendre sur la page de l’émission pour écouter ou télécharger le débat

L’après votation du 23 septembre 2018

Équité, qualité, durabilité, biodiversité sont des mots qui ont marqué la campagne en faveur des deux initiatives sur la « souveraineté alimentaire et « pour des aliments équitables.

Malgré le résultat négatif, ils ne perdront rien de leur force face à la nécessité d’agir pour limiter sérieusement les dégâts. La récente étude du WWF sur la disparition des espèces dans les mers et sur la terre retentit comme une énième alerte d’envergure.

Nous tenons à remercier toutes et celles et ceux qui se sont engagés en faveur de ces initiatives. Nous espérons vivement qu’ils seront sur le pont, encore plus nombreux et nombreuses pour les prochaines votations.

Grâce à cette campagne le débat sur l’avenir de notre relation avec la planète terre a pris de l’ampleur, et il fût d’un bon niveau. Avec un été caniculaire qui s’est prolongé jusqu’à fin octobre, des rivières asséchées, des récoltes insuffisantes, la prise de conscience sur le réchauffement climatique a lui aussi pris de l’ampleur.

Il s’impose comme la référence pour aménager l’avenir, la trame pour les actions à venir. Pour l’agriculture il s’agit de modifier en profondeur les pratiques agricoles. Les réformes successives ont certes permis d’améliorer ici et là une agriculture durable ; elles apparaissent aujourd’hui comme des réformettes.

Nous disposons d’équipements techniques performants, ils apparaissent aujourd’hui comme inadaptés à la nouvelle donne. Les écoles d’agricultures, les services de vulgarisation disposent d’un personnel compétent, mais le contenu n’est pas adapté à l’évolution climatique.

La préservation des terres nourricières devient la pièce maîtresse de l’agriculture de demain. Elles sont la référence première pour décider de ce qu’il est possible de produire durablement. Plus de 90 % de notre alimentation dépend de la vitalité des sols.

L’initiative contre le mitage du territoire qui sera soumise au vote du peuple le 10 février 2019 nous motive à remonter sur le pont.

Fernand Cuche et André Frutschi
Les Prés, 2553 Lignières, le 31 octobre 2018